Blog - Nathalie Becker-Herr
L'automne
L’Automne



Salut ! bois couronnés d’un reste de verdure !

Feuillages jaunissants sur les gazons épars !

Salut, derniers beaux jours; Le deuil de la nature

Convient à la douleur et plaît à mes regards.



Je suis d’un pas rêveur le sentier solitaire ;

J’aime à revoir encor, pour la dernière fois,

Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière

Perce à peine à mes pieds l’obscurité des bois.



Oui, dans ces jours d’automne où la nature expire,

À ses regards voilés je trouve plus d’attraits :

C’est l’adieu d’un ami, c’est le dernier sourire

Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.



Ainsi, prêt à quitter l’horizon de la vie,

Pleurant de mes longs jours l’espoir évanoui,

Je me retourne encore, et d’un regard d’envie

Je contemple ses biens dont je n’ai pas joui.



Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,

Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau !

L’air est si parfumé ! la lumière est si pure !

Aux regards d’un mourant le soleil est si beau !



Je voudrais maintenant vider jusqu’à la lie

Ce calice mêlé de nectar et de fiel :

Au fond de cette coupe où je buvais la vie,

Peut-être restait-il une goutte de miel !



Peut-être l’avenir me gardait-il encore

Un retour de bonheur dont l’espoir est perdu !

Peut-être dans la foule une âme que j’ignore

Aurait compris mon âme, et m’aurait répondu !…



La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre ;

À la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;

Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu’elle expire,

S’exhale comme un son triste et mélodieux.
A.Lamartine
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LE PRINTEMPS (Avril 2019)

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.
(Victor Hugo)

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